Le numérique est partout : depuis les vignes jusqu’au client final, il gagne du terrain

Autour des vignes - - 4 avril 2018

Que ce soit pour surveiller les vignes et adapter les traitements, ou pour faciliter la distribution des bouteilles, les nouvelles technologies et le numérique modifient peu à peu le marché du vin.

Les vignerons sélectionnés par Les vinotonautes travaillent en bio, en biodynamie ou sont en conversion. Ils sont attentifs à la protection de l’environnement et soucieux de leur santé et de celle des consommateurs. Ils ont parfois de petits domaines, qu’ils cultivent seuls ou avec peu de personnes et peu de moyens. D’autres sont mieux équipés et possèdent de grands vignobles prospères. Disons-le tout net, les nouveaux outils numériques sont encore réservés à ces viticulteurs capables d’investir dans ces technologies. Qu’est-il donc proposé à ces fortunés vignerons ?

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DES DRONES !

Et oui, en passant au-dessus des vignes, ils enregistrent des images qui sont ensuite croisées avec les infos disponibles sur le vignoble (sol, cépages, âge des vignes) et traitées grâce à des algorithmes et à des techniques d’intelligence artificielle. Ça fait froid dans le dos ? On est loin du vigneron arpentant ces vignes pour en observer avec ses yeux à lui l’état sanitaire ? Certes ! Mais c’est beaucoup plus performant qu’une paire d’yeux. Le drone survole la vigne en mode automatisé. Il permet de mesurer la teneur en chlorophylle des feuilles, d’évaluer leur surface, il repère le mildiou, contrôle l’évolution de maladies éventuelles, la maturité des raisins. Bon, l’œil humain, celui du viticulteur toujours, est indispensable pour analyser les résultats. Ouf ! Coût de l’opération ? Plusieurs choix possibles, selon le prestataire : Hawk (qui veut dire faucon) ou Chouette par exemple. Soit le viticulteur achète un drone Chouette à 3500 € avec un abonnement mensuel de 13 à 39 € d’avril à octobre, soit il loue les services à la demande du faucon Hawk pour plus ou moins 500 € la demi-journée. Inutile et dispendieux ? Tsssst…. C’est ignorer l’avenir et la concurrence des producteurs italiens, espagnols, chiliens, argentins, américains ou australiens qui progressent constamment.

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PASSONS AUX CAPTEURS CONNECTÉS, QUE L’ON PLACE JUDICIEUSEMENT PRÈS DES PIEDS DE VIGNE, AUX ENDROITS STRATÉGIQUES.

Ils mesurent le taux de précipitation, d’humidité ou la température de l’air et du sol (avec Weenat notamment) et relaient les informations via une application destinée au viticulteur, lui permettant ainsi de gérer au mieux l’approvisionnement en eau, pour en limiter la consommation. On peut également faire de l’analyse prédictive pour anticiper les intempéries.

Voyons grand. Watson est la solution d’intelligence artificielle d’IBM. Il a été utilisé en Californie pour optimiser la gestion de la vigne et réaliser un plan d’irrigation qui a réduit de 25% la consommation d’eau et amélioré la qualité du raisin en permettant à tous les grains de mûrir à la même vitesse.

Dans un futur proche, ces techniques permettront, par l’analyse de la maturité des raisins combinée aux prévisions météo, de mieux prévoir les dates de vendanges, de limiter les traitements phytosanitaires, d’agir sans pesticides avec des actions préventives. Les objets connectés devraient mener vers une viticulture plus écologique, nous dit-on.

Les capteurs ne sont pas seulement dans la vigne. On peut aussi en placer sur les caisses, palettes ou conteneurs. Là, ils analysent la température, l’hygrométrie et géolocalisent les vins depuis leur départ du chai jusqu’à leur arrivée chez le client (eProvenance), le tout pour améliorer « la qualité dans la chaîne d’approvisionnement », explique le directeur d’eProvenance.

Plus fort encore ? Les barriques connectées dont les capteurs mesurent les paramètres essentiels au suivi de la vinification (température, niveau de sucre et d’alcool, acidité et ph, niveau du vin dans la cuve, couleur).

ET LES ROBOTS ALORS ?

A la disposition des viticulteurs, il existe des tracteurs électriques équipés de caméras basses qui contrôlent sans bruit ni pollution la bonne condition des pieds de vigne, ce qui est très difficile à faire en marchant dans les rangs. Le robot tondeur, équipé de cellules photovoltaïques et de caméras, tond, recule s’il le faut, sans jamais heurter malencontreusement un pied de vigne, comme pourrait le faire un simple être humain faillible, comme tout être humain. Bienvenue dans le monde de Wall-E !

Des gadgets ? N’en croyons rien. Le métier de viticulteur évolue avec les nouvelles technologies. Si elles sont aujourd’hui réservées à une élite, il y a fort à parier qu’elles seront inévitables dans quelques années, pour tous ceux qui rêvent d’une production importante et qualitative. Les Français sont encore frileux dans ce domaine et courent le risque de se faire dépasser par leurs voisins plus innovants.

PLUS DE 400 SITES DE VENTE EN LIGNE

Pour ce qui est de la commercialisation du vin, le numérique prend là aussi, de plus en plus de place. Il existe actuellement plus de 400 sites internet de vente en ligne de vins. C’est un marché hyper concurrentiel dans lequel il est difficile de se retrouver, les offres étant très proches les unes des autres. Certains sites sont bien utiles à l’amateur un peu perdu. Les vinotonautes lui permettent de découvrir les vins bio, de sortir des sentiers battus pour aller à la rencontre de vignerons qui travaillent dans le respect de l’environnement et qui mériteraient d’être plus connus.

‘Un homme, un terroir, un vin’. Chez nous, les vinotonautes, on croit encore à cet adage, à l’harmonie entre l’homme et la nature.  Si la technologie constitue une aide, sans dénaturer cette relation, alors pourquoi pas. Attention aux dérives toutefois.

Sources :
BFMbusiness : Ces technologies qui révolutionnent le secteur agricole
BFMbusiness : Comment le numérique bouleverse le marché du vin, de la production à la vente
Les Clés de Demain – Le Monde/IBM : De la vigne au vigneron, comment le numérique se distille
www.weenat.com
www.chouette.vison
www.eprovenance.com
www.hawk4u.com






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